Etre jeune, frais, pétillant, quitter les cours, une formation apprenante et solide, se retrouver sur le marché du travail avec une question. Une et une seule, rester au Maroc, intégrer une grosse agence laquelle ? Quitter le territoire, proposer et vendre sa créativité ailleurs, en France le plus souvent pour des raisons de proximité, d’échange et d’un lien indélébile entre la France et le Maroc. Un questionnement qui préoccupe la majeure partie des jeunes créatifs Marocains. A travers cette rubrique, Comnews part à la rencontre de jeunes bourrés de talents, pour comprendre leurs choix, leurs ambitions et leurs projets surtout. Des projets hauts en couleur, impactants en contenu, une vision pointue et précise de la communication, de l’image. Cette rubrique prend donc effet à compter de ce numéro.
Ce mois-ci Comnews rencontre Ali Kettani, directeur artistique en free lance. Un jeune certes, un créatif complètement, un passionné qui a participé à la refonte de Comnews.
C’est à lui que nous devons les changements opéréssur la maquette Comnews. Son regard, sa sensibilité, sa précision sont des aspects palpables que vous pouvez approcher de très prés en feuilletant le Comnews du mois de Juin, version revue et corrigé avec la même ligne éditoriale bien sûr.
Rencontre avec Ali Kettani. A la question, parlez nous de votre parcours, Ali kettani apporte une réponse poétique et surprenante « Je suis né un dimanche
en plein été. Il faisait nuit et trés chaud…Durant mes premières heures sur terre, j’attendais le levé du soleil », une réponse accompagnée d’un grand sourire.
Le parcours de l’artiste
Un baccalauréat scientifique en poche, il s’inscrit à la faculté de droit et d’économie, et durant une année, il part à la rencontre. Du Maroc, son pays qu’il connaît si bien et si peu à la fois. Il l’exprime ainsi, j’ai voulus voir, avoir accès aux personnalités diverses et variées de la jeunesse marocaine, connaître et comprendre les différentes facettes du Maroc. A la fac, il y a de tout, des jeunes qui arrivent en bus (en autostop) et d’autres qui se font déposer par leur chauffeur personnel , de ce fait on croise toutes les couches sociales réunies dans un même espace. C’est apprenant parce que connaître le Maroc, c’est connaître comment, à travers quoi et de quelle manière peut on communiquer avec le marocain, avec une cible précise…La passion de Ali Kettani était déjà très ancrée en lui : celle de faire de l’image. Dans un premier temps, son choix se porte sur l’école de cinéma de Rabat en vue de devenir comédien. Une option qu’il délaisse pour aller vers ce qui est le plus en adéquation avec lui-même. En un seul mot la créativité. Il saute donc les pieds joints dans cet univers particulier, celui de l’art et de la communication. Ali intègre Art’Com pour une formation de 4 ans. Un passage enrichissant, des travaux personnels, des amitiés créatives, de l’effervescence et un gain en maturité artistique, c’est avec tous ses atouts, qu’il clôture ces quatre années de formation. Aujourd’hui prés de la porte de sortie de l’école, il a déjà effectué des stages chez Klem en tant qu’assistant DA, auprès de Tawfiq Sekkat et Christian Penichou. Il enchaîne avec facilité et beaucoup passion un stage chez Robinson. Les stages étant fait, il se lance dans la vie active. Très active, puisque sa vie est faite d’idées qui se bousculent qui prennent forme, qui séduisent…Ali Kettani devient l’assistant de Vincent Ferreira directeur artistique en free lance. Durant cette expérience se suivent mails, briefs, réunions, tournages, prods, post prod, conceptions, rédactions… “Vincent Ferreira a été mon mentor, je lui dois beaucoup”nous confie Ali Kettani. Depuis un trimestre, Ali Kettani a conçu la maquette d’un dernier né de la presse féminine, « Pour vous Madame ». Sa maquette porte son empreinte. Elle à la fois élégante, lisse, claire, colorée, intelligente et cohérente. Son intervention en tant que directeur artistique était de mettre en marche le magazine sur le plan artistique. A savoir : choix de la typo, police, mise en place des images, gestion des textes, équilibre sur une double page, arrière plan, rubriquages… Il a également eu l’occasion d’apporter son regard et sa touche encore une fois très personnelle sur des shootings mode publiés dans ce mensuel. L’affaire est lancée, c’est l’heure pour Ali de prendre un autre train avec la même destination, celle de la créativité. Aujourd’hui, il termine son projet de fin d’études, à savoir le lancement d’une marque de baskets. Un projet qui ne servira pas seulement à une certification, un diplôme, puisque Ali Kettani projette d’avoir un seul et unique point de vente pour ses Baskets sous la marque Venim. On peut donc dire qu’avec la tête sur les épaules et la sensation d’être bien dans ses baskets, Ali détient la combinaison gagnante. Ses journées, aujourd’hui, il les consacre à la fabrication du proto en cuir, aux vignettes de marque « Venim », aux lacets de couleurs, à la campagne com rattachée à sa marque, aux canaux de communication. Restera la production en série limitée et l’emplacement de rêve, une adresse avec pignon sur rue par exemple, un local ou l’on peut voir, essayer et tester, valider, consommer la créativité de ce jeune talent.
Ici ou ailleurs ? Quelle plateforme d’expression libre…
Pour finir cet entretien avec Ali Kettani, une question cruciale quitter le Maroc ou y rester. Pour un job en or, il partirait à la conquête non pas du Farwest mais des agences françaises…ou autres. Pour le même job en or, il resterait, ici et maintenant. Pourquoi, parce qu’il aime son pays tout son travail, « je m’amuse beaucoup, j’ai la chance de travailler en m’amusant et ça c’est un luxe !». Celui que je me suis offert…Quand je travaille, je redeviens cet enfant de 5 ou 6 ans qui jongle, joue avec les couleurs, les formes, les mots…tout en gardant un professionnalisme et une rigueur évidemment”nous explique Ali. Selon lui la communication au Maroc se développe bien mais lentement…La créativité comme chacun le sait c’est un rythme, une vitesse, une projection parfois et ( très souvent ) un replis, un travail en interne pour sortir le meilleur de soi.
La communication, la créativité et le Maroc
A la question que manque t il au Maroc. Quelles sont les potentialités en terme d’agence, de communication, de créativité au Maroc?. Nous avons trop de tabous qui freinent la créativité.
Sa vision de la Com Marocaine
Loin de lui l’idée et l’envie de présenter une image rose bonbon du monde de la communication, Ali Kettani s’exprime clairement la-dessus, “ce qui manque c’est le changement, il faut bousculer intelligemment les mentalités, arrêter de dévaloriser le marocain en lui présentant des images basics et standards, susciter sa curiosité, inciter son questionnement, l’interpeller et attendre son retour.
Ses préférences
Nous sommes un peuple qui communique, on se dit bonjour, on se raconte nos petites vies, nos tranches de vies, on regarde beaucoup la télévision, on scrupte version tberguig les façades publicitaires, certaines sont très belles avec une vraie créativité au programme. Les spots télévisés qui m’ont le plus marqué durant mon enfance c’est celui de la BP avec Ali Ya Ali. J’ai beaucoup aimé la campagne Loto, à préciser avec le visuel d’une belle villa et en premier plan une pancarte qui dit « à partir de 5dhs »…
Pour ce qui est des campagnes on air actuellement, “ma préférence va à la dernière campagne publicitaire Citroen ou encore celle de la banque populaire.” Une simple précision artistique qui n’est en aucun cas restrictive. Prendre en charge la direction rattachée à la mode, travailler sur une maquette pour un magazine ou encore un support presse n’est pas une spécialisation mais une addition d’expériences. Ce qui fait la richesse d’un artiste c’est sa diversité, se
flexibilité, sa faculté à avoir plusieurs casquettes, les échanger, les laisser tomber parfois, les customiser Ali Kettani a d’ores et déjà choisit ses casquettes et ses baskets aussi. Il porte depuis quelques semaines déjà la casquette Comnews avec le nouveau logo. Une casquette qui lui va bien, qui nous va aussi. Ses projets, Ali en parle peu par discrétion certainement mais pour une raison plus simple comme il l’exprime « je vis au jour le jour, je me laisse porté par la passion qui me mène, exactement où je dois être ».
Passionnant !